Réglementation

DPE et location : le calendrier des interdictions 2025-2034

G interdit, F en 2028, E en 2034 : le calendrier qui redessine le parc locatif — et crée des opportunités pour les investisseurs.

Par l'équipe ImmoIA · Publié le 8 juillet 2026 · 9 min de lecture

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne peut plus être mis en location. Les logements classés F suivront au 1er janvier 2028, puis les E au 1er janvier 2034. Ce calendrier, issu de la loi Climat et Résilience, retire progressivement du marché locatif les logements les plus énergivores — les fameuses passoires thermiques. Pour un bailleur comme pour un acheteur, en 2026, la vraie question n'est plus de savoir si le DPE compte, mais comment anticiper l'échéance qui concerne son bien — et, pour un investisseur, comment en faire un levier plutôt qu'un frein.

Le calendrier des interdictions de location

La loi fixe un calendrier progressif, du plus énergivore au moins énergivore. Chaque échéance rend le logement concerné indécent au regard de la loi, donc impossible à mettre en location. Voici les jalons pour la France métropolitaine — le calendrier est décalé en outre-mer :

Classe DPEInterdit à la locationPart approx. du parc locatif privé
GDepuis le 1er janvier 2025~ 6 à 7 %
F1er janvier 2028~ 11 à 12 %
E1er janvier 2034~ 22 à 24 %

Mises bout à bout, ces trois échéances concernent, à terme, près de quatre logements locatifs sur dix. L'interdiction n'est d'ailleurs que le dernier étage d'une pression qui monte depuis plusieurs années : les loyers des logements classés F et G sont gelés depuis août 2022. Concrètement, un bailleur ne peut ni les indexer sur l'indice de référence, ni les augmenter entre deux locataires. La passoire thermique est donc déjà, aujourd'hui, un actif dont le rendement s'érode mécaniquement.

Ce que « interdit de louer » veut dire juridiquement

L'interdiction ne prend pas la forme d'une sanction pénale ni d'une fermeture administrative du logement. Le mécanisme est plus subtil : à l'échéance de sa classe, le logement cesse de répondre au critère de décence énergétique. Or un bailleur ne peut louer qu'un logement décent. Un bien classé G est donc, depuis 2025, juridiquement indécent.

Point essentiel, souvent mal compris : cette exigence s'applique aux nouveaux baux, aux renouvellements et aux reconductions tacites. Un bail signé avant l'échéance et qui se poursuit sans interruption n'est pas rompu du jour au lendemain. Autrement dit, il n'y a pas d'expulsion automatique du locataire en place : celui-ci conserve son droit au maintien dans les lieux. Le couperet tombe au moment de relouer.

Que peut faire le locataire d'une passoire ? Il peut exiger du bailleur qu'il réalise les travaux de mise en conformité et, à défaut d'accord, saisir le juge. Celui-ci peut ordonner l'exécution des travaux, voire prononcer une réduction de loyer tant que le logement reste indécent. Pour le bailleur, le risque n'est donc pas seulement de ne plus pouvoir relouer : c'est aussi de voir son loyer contesté par un locataire en place, avec l'appui d'un DPE devenu opposable.

Vente : l'audit énergétique obligatoire

La contrainte ne se limite pas à la location. À la vente d'un logement en monopropriété, la loi impose désormais un audit énergétique — un document bien plus complet que le DPE. Il est obligatoire pour les biens classés F et G depuis avril 2023, s'est étendu aux E depuis le 1er janvier 2025 et doit concerner les D à l'horizon 2034.

Là où le DPE se contente d'attribuer une étiquette, l'audit propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés permettant d'atteindre, par étapes, une classe performante. Il détaille les postes, l'ordre logique des interventions, une estimation des coûts et des économies d'énergie attendues. Pour un acheteur, c'est un outil de négociation en or : le montant des travaux est écrit noir sur blanc, par un professionnel, avant même la signature.

Depuis la réforme de 2021, le DPE est par ailleurs opposable : sa classe engage la responsabilité du vendeur. Un acheteur qui découvre après coup un classement erroné peut se retourner contre lui. Cette opposabilité, combinée au recalibrage de juillet 2024 qui a reclassé de nombreux logements de moins de 40 m², rend la fiabilité du diagnostic plus sensible que jamais.

Combien coûte la rénovation d'une passoire ?

C'est la question qui décide de tout. En ordre de grandeur, faire gagner une seule classe à un logement revient souvent à 200 à 500 €/m². Sortir un bien de la catégorie passoire, par exemple passer un G en D, suppose une rénovation plus ambitieuse : comptez fréquemment 400 à 700 €/m², selon l'état initial, l'âge du bâti et la région. Pour un T2 de 45 m², l'enveloppe se situe donc typiquement entre 18 000 et 30 000 €.

Les postes qui pèsent le plus sont toujours les mêmes : isolation (combles, murs, planchers), menuiseries (fenêtres et portes), la ventilation (une VMC performante) et le système de chauffage (remplacement d'une chaudière fioul ou de convecteurs par une pompe à chaleur). L'ordre compte : isoler avant de changer le chauffage évite de surdimensionner l'installation.

Bonne nouvelle pour l'investisseur : le coût net est bien inférieur à la facture affichée. Les bailleurs privés sont éligibles à MaPrimeRénov', en particulier à son parcours accompagné pour les rénovations d'ampleur, et à l'éco-prêt à taux zéro qui finance les travaux sans intérêts. Surtout, la fraction non subventionnée des travaux alimente le déficit foncier, déductible du revenu global : l'État finance ainsi une part supplémentaire du chantier via l'impôt. Une fois ces coûts intégrés, mieux vaut les injecter dans notre simulateur de rendement locatif pour vérifier que l'opération tient une fois les travaux amortis.

Repérez les villes au parc locatif sain

Notre plateforme croise les données DPE par commune avec les prix et la tension locative : identifiez les marchés où le parc est déjà performant, et ceux où les passoires décotées créent des opportunités.

Acheter une passoire : décote et stratégie

Ce qui effraie le grand public fait la marge de l'investisseur averti. Sous la pression du calendrier, les logements classés F et G se négocient avec une décote observée de 10 à 20 % selon les marchés — davantage sur les zones où l'offre est abondante, moins là où la demande reste tendue. Cette décote est le cœur de la stratégie.

L'équation à valider avant toute offre est simple : la décote obtenue doit être au moins égale au coût des travaux, plus une marge. Si un bien affiché 200 000 € est décoté de 30 000 € et que l'audit chiffre la rénovation à 25 000 €, l'opération a du sens — vous acquérez à terme un bien performant sans surpayer la remise en état. Dans le cas inverse, mieux vaut passer. L'audit énergétique du vendeur est ici votre meilleur allié de négociation : il transforme une intuition en chiffres opposables.

Encore faut-il repérer ces biens et connaître leur classe dès la recherche. Sur notre plateforme, le DPE de chaque annonce est affiché, et les données énergie par commune vous disent si vous entrez sur un marché saturé de passoires ou, au contraire, sur un parc déjà performant. Commencez par cadrer votre zone avec où investir en 2026 et le classement des meilleures villes où investir, puis affinez bien par bien. Cette logique de décote-travaux est le prolongement direct de la méthode détaillée dans notre guide de l'investissement locatif.

Impact sur la valeur et le loyer

Le calendrier ne fait pas que fixer des interdictions : il réorganise durablement les prix. L'écart de valeur entre un logement bien classé (A à C) et une passoire (F-G) se creuse d'année en année. À mesure que les échéances approchent, les acheteurs intègrent le coût des travaux dans leur offre, et la décote s'accentue mécaniquement pour les biens les plus énergivores.

Côté location, l'effet est inverse et joue en faveur du parc performant. Chaque passoire retirée du marché contracte l'offre de logements louables, sur une demande qui, elle, ne faiblit pas. Résultat : la tension locative augmente sur les logements décents, ce qui protège les loyers et réduit la vacance des biens conformes. Détenir un logement bien classé devient un avantage compétitif concret.

Pour le propriétaire d'une passoire, l'arbitrage se résume à deux voies : rénover pour rester dans le marché locatif et capter cette tension, ou vendre avant que la décote ne s'aggrave. Le bon choix dépend de votre horizon, de votre tranche d'imposition (le déficit foncier rend la rénovation bien plus attractive aux TMI élevées) et de la qualité intrinsèque du bien et de son emplacement.

Check-list du bailleur en 2026

Que vous déteniez déjà un bien ou que vous cherchiez à en acquérir, voici les réflexes à adopter dès maintenant, dans l'ordre :

  1. Vérifiez la classe et la date de votre DPE. Un diagnostic vierge ou antérieur à 2021 n'est plus valable, et le recalibrage de juillet 2024 a modifié le classement de nombreux logements de moins de 40 m² : faites un point à jour.
  2. Anticipez la classe F dès aujourd'hui. L'échéance de 2028 est proche à l'échelle d'un chantier. Attendre le dernier moment, c'est risquer la flambée des prix des artisans et l'impossibilité de relouer entre deux locataires.
  3. Chiffrez les travaux à partir de l'audit énergétique (obligatoire à la vente pour les E, F et G) et intégrez leur coût au calcul de rentabilité avant toute décision.
  4. Mobilisez les aides : MaPrimeRénov', éco-PTZ, dispositifs de l'Anah, et le levier fiscal du déficit foncier pour la part restant à votre charge.
  5. Planifiez le chantier entre deux locataires. Un logement vide se rénove plus vite et coûte moins cher qu'un logement occupé — profitez de chaque congé pour agir.

Disclaimer — Les informations de cet article reflètent la réglementation à la date de publication (juillet 2026). Le calendrier DPE, les critères de décence énergétique, les aides à la rénovation et les règles de l'audit énergétique évoluent régulièrement, et le calendrier diffère en outre-mer : faites valider votre situation par un diagnostiqueur certifié, un notaire ou un conseiller spécialisé. Sources principales : loi Climat et Résilience, décret relatif à la décence énergétique, ADEME, Anah.

Questions fréquentes

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